Macron à Prague: il faut s’investir dans l’UE

A l’occasion des célébrations du centenaire de la fondation de la Tchécoslovaquie, le président français Emmanuel Macron s’est rendu en visite officielle à Prague les vendredi et samedi 26 et 27 octobre. Après un passage dans la journée à Bratislava, le président Macron a rencontré son homologue tchèque Miloš Zeman et le Premier ministre tchèque Andrej Babiš. Macron a saisi l’occasion pour parler de l’importance de l’Union européenne, de l’engagement des pays de la région ou de la défense commune.

Le deuxième objectif de sa visite dans la région appelée groupe de Visegrad (Tchéquie, Slovaquie, Pologne et Hongrie), était – selon Le Point – de convaincre les dirigeants thèques et slovaques d’avancer vers une Union souveraine, sûre de ses frontières, unie dans la gestion des flux migratoires et résistant aux avancées des populistes avec en vue les prochaines élections européennes du printemps 2019. Par sa visite, Macron veut empêcher que ne s’installe une distance entre la partie Est et Ouest de l’UE. Si la Hongrie et la Pologne demeurent infréquentables pour Emmanuel Macron, la Tchéquie et la Slovaquie sont des partenaires potentiels dans sa cause européenne.

Un passé et un futur communs

La France, qui fut le premier pays à reconnaître l’indépendance de la Tchécoslovaquie en 1918, entretient de bonnes relations avec les deux pays sortants. Tous trois partagent un fort engagement européen, souligne l’Élysée, les mêmes visions sur des dossiers comme le renforcement de la zone euro (moins vrai pour la Tchéquie que pour la Slovaquie), la taxation des géants du numérique ou l’Europe de la défense. Prague a également soutenu la France l’année dernière au moment de la réforme de la directive sur le travail détaché.

La France est le 5e investisseur en République tchèque, les échanges commerciaux sont en croissance constante depuis 1989 avec une augmentation de 10 % au cours des 12 derniers mois. En 29 ans d’histoire démocratique du pays, cinq présidents français ont effectué en tout 7 visites officielles ou de travail à Prague. Pendant la même période, les présidents tchèques Václav Klaus et Miloš Zeman ont été reçus à l’Elysée une fois, Václav Havel a fait 7 visites officielles en France à lui seul.

Lors de la conférence de presse d’Emmanuel Macron et Andrej Babiš à Prague, les deux ont rappelé la signature du partenariat stratégique de Paris le 30 juin dernier. Tandis que le premier ministre tchèque Babiš s’est concentré sur l’importance des relations économiques entre les deux pays, Macron s’en est tenu à l’importance de l’Union européenne.

 « Je suis heureux que des entreprises françaises investissent chez nous, qu’elles s’y portent bien. Il est dans notre intérêt que l’Europe soit unie, qu’on se batte pour les intérêts de l’Europe afin de trouver une solution commune à nos problèmes, même si nous avons parfois des avis différents. » a déclaré Andrej Babiš.

« L’Europe avance quand on prend des engagements mutuels et qu’on les tient, » a déclaré le chef de l’Etat français.

Engagement demandé

Peu avant de se rendre à Prague, Emmanuel Macron avait accordé une interview collective à quatre médias des différents pays du V4, dont Hospodářské noviny, le principal journal économique tchèque. Le président en a profité pour mettre en avant ses thèses pro-européennes et motiver la région à prendre ses responsabilités mais avec un ton de reproche.

« Trouver un bouc émissaire, cela peut aider à court terme, mais cela prépare le pire à long terme. Je réfute l’idée d’une pression extérieure. L’Europe, c’est nous ! Ce n’est pas l’étranger. C’est une partie de nous-mêmes, ce sont nos choix souverains, nos valeurs, notre identité. Quand l’Europe fait un chèque, on ne dit pas que c’est de l’argent sale. Et quand elle défend ses valeurs, elle deviendrait soudainement un ennemi lointain. Il ne s’agit pas de créer un rapport de forces, mais de vivre ensemble selon des principes de responsabilité et de solidarité. » a martelé Macron.

Selon le président Macron, l’Union européenne a besoin d’une intégration plus profonde. Chaque pays doit pouvoir participer, mais d’autre part, aucun Etat ne doit pouvoir bloquer ceux qui veulent aller plus loin, plus vite. Les représentants tchèques ont dû comprendre que s’ils désirent rester au cœur de l’Europe, il faudra qu’ils s’investissent davantage et arrêter de faire l’enfant gâté.

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