VIE pour SEEB : La Tchéquie a un potentiel de taille – les technologies, la flexibilité ou les langues

Après deux ans en poste à Prague en tant que VIE pour le groupe industriel SEEB, Tiphanie Guillot parle de son expérience professionnelle tchèque de commerciale import/export. Jeune ingénieur française était une des professionnels accueillis au sein de l’Incubateur PME de la Chambre de commerce franco-tchèque.

 

 

 

 

Tiphanie, après deux ans, qu’est-ce qui vous a le plus marqué sur le marché tchèque ?

Je n’ai pas eu de gros choc culturel. Avant ma venue, je travaillais déjà avec l’Allemagne et la Suisse, ces expériences avec d’autres cultures m’ont sûrement aidé. J’ai été agréablement surprise, lors de mes visites dans les usines, par le niveau d’équipement. On a en France, à tort, l’image d’un pays qui, puisqu’il n’est pas cher, ne devrait pas être bien équipé. C’est en réalité le contraire. Les équipements de production sont ici d’un excellent niveau.

Si vous deviez donner quelques caractéristiques du marché tchèque aux français, quelles seraient-elles ?

C’est un marché en pleine mutation. C’est un marché qui va vite, très vite. La Tchéquie est certes à l’est mais ce n’est pas le « grand est ». A la vitesse où évolue la Tchéquie, elle tend de manière croissante à ressembler à l’ouest. Pour moi, la Tchéquie est d’abord tournée vers les grandes séries. Beaucoup de grandes entreprises s’installent ici.

Le potentiel est de taille : il n’y a pas de problème de flexibilité sur le marché du travail, les tchèques sont très à jour en matière de nouvelles technologies, ils parlent très bien l’anglais et sont des bosseurs. Vous savez, ici, ne pas parler tchèque n’est pas un problème. Les tchèques ont toutes les cartes en main pour pouvoir grandir et avancer vite.

Pourquoi le groupe SEEB a opté pour la Tchéquie et pas un autre pays ?

Tout dépend de la taille de votre structure. Mais de manière générale, je crois que, pour toutes les entreprises qui tentent l’aventure de l’export ou de l’implantation à l’étranger, je conseillerai vivement la Tchéquie. Ce n’est pas vraiment l’est. Les pratiques sont semblables à la France où à la Suisse. Les demandes en termes de qualité et de communication sont semblables. C’est un très bon compromis.

Selon vous, la monnaie unique pourrait-elle présenter un avantage par rapport à la couronne tchèque actuelle ?

Non. Je pense qu’aujourd’hui la monnaie tchèque est un avantage pour son pays. La couronne est stable, elle favorise la flexibilité, et je doute qu’un point de blocage en matière de développement vienne de cela.

Le niveau technique de la République tchèque semble aujourd’hui reconnu, peux-tu en dire un mot ?

Il l’est, c’est une vérité. Mais la période qui a succédé au communisme a tenté de mettre cette caractéristique tchèque de côté. L’image de ces grandes usines et de tous ces techniciens était peut-être trop rattachée au communisme. Malgré cela, les tchèques restent de très bons techniciens et ceci est un réel atout pour leur pays.

En tant que VIE, vous étiez la seule représentante de SEEB en République tchèque ; vous avez voyagé en Allemagne et en Suisse. Où se situaient vos collègues les plus proches ?

En France ! Nous avons quatre sites en France, dans la région lyonnaise, et un site en Inde. Mais j’étais la seule en Europe Centrale.

Quelles sont vos réussites sur le terrain durant ces deux ans ?

Il nous aura bien fallu deux ans pour mettre en place tous nos partenariats. Nous avons aujourd’hui la satisfaction d’avoir plusieurs fournisseurs et mes collègues français se sont habitués à travailler avec eux. Ma mission n’est pas terminée, mais je crois que nous nous sommes positionnés au bon moment en République tchèque.

Votre travail a-t-il été simple malgré la distance avec votre support ?

Seule sur le terrain j’ai dû me débrouiller. J’avais déjà une mission, seule, d’export, j’ai donc été très autonome. Tout mettre en place et gérer la distance est quelque chose de très formateur. L’essentiel est de convaincre ses interlocuteurs que vous êtes compétent et que vous souhaitez vous investir pour et avec eux. Une fois que les gens ont compris cela, tout est plus simple.

Pour ce qui est de la mise en place administrative, tout a été très simple. En tant que VIE nous n’avons pas besoin de permis de travail, il nous suffit de nous présenter au commissariat pour signaler notre présence. C’est tout.

Vivre à Prague est-il accessible ?

Avec un salaire de VIE on peut vivre correctement à Prague. Je vivais, par choix, à vingt minutes de tram du centre de Prague car j’aime la tranquillité. Les gros avantages de mon quartier, Prague 9, étaient : un accès facile à l’autoroute, des commerces à proximité et un cadre naturel plus qu’appréciable. La communauté française à Prague est impressionnante.

Total Chambers Cup Prague, 15. 6. 2017

Votre plus beau souvenir après ces deux ans ?

Tout m’a marqué. Je pars pour évoluer dans le milieu professionnel et rejoindre ma famille mais si j’avais pu emmener ma vie à Prague en France, je l’aurais fait sans hésiter. Vivre ici offre une tranquillité réelle. Il fait bon vivre à Prague, il n’y a pas d’insécurité, personne ne vous dérange ou n’essaie de vous accoster de manière abrupte, il y a du respect, c’est une ville paisible pour vivre.

Quelles suites pour votre parcours professionnel ?

Une fois rentrée, je ne vais plus travailler pour la filiale mais pour le groupe, en tant que chargée de projet. L’avantage est que je vais pouvoir garder beaucoup de missions. Je vais conserver une petite partie de marketing et de communication, et le reste de ma mission consistera à piloter un projet d’harmonisation des achats pour toutes les filiales.

Merci

A propos Francouzsko-česká obchodní komora / Chambre de commerce franco-tchèque 1548 Articles
La Chambre de commerce franco-tchèque, créée en mars 1996, joue un rôle actif dans l’animation de la communauté d’affaires franco-tchèque et contribue significativement au développement des activités économiques des deux pays. Elle soutient également l’idée d’une Europe unie. La CCFT est un organisme indépendant qui s’autofinance, et qui compte à ce jour plus de 300 entreprises membres, tant françaises, que tchèques et fait partie des chambres les plus actives du territoire. En 2016, la Chambre a organisé plus de 70 évènements – parmi lesquels des clubs thématiques, des débats, des séminaires, des sorties sportives, culturelles et gastronomiques - auxquels se sont rendues près de 4700 personnes. En plus d’animer la communauté d’affaires, la Chambre est une des rares chambres à avoir un service d’appui aux entreprises, qui propose une gamme complète de services aux entreprises tchèques et françaises, souhaitant aborder le marché étranger. Chaque année près de 70 entreprises profitent de cette offre et sont accompagnées dans leur développement. La CCFT est membre de CCI France International, qui regroupe 120 chambres de commerce françaises à l’international.

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